Impôt sur les sociétés au Maroc : taux 2026

Taux IS 2026, calcul, cotisation minimale et délais : tout savoir sur l'impôt sur les sociétés au Maroc pour bien préparer votre déclaration.

Chaque société soumise à l’impôt sur les sociétés au Maroc doit calculer précisément ce qu’elle doit à la Direction Générale des Impôts (DGI), sous peine de majorations automatiques et sans mise en demeure préalable. En 2026, la réforme lancée par la Loi de Finances 2023 arrive à son terme : les anciens taux progressifs (12,5 %, 20 %, 28,25 %) convergent définitivement vers un taux unique de 20 % pour la majorité des sociétés marocaines.

Ce guide s’adresse aux dirigeants de SA et de SARL marocaines ainsi qu’aux cabinets comptables qui préparent leurs déclarations : vous y trouverez le taux applicable en 2026, la méthode de calcul, le fonctionnement de la cotisation minimale, le calendrier des acomptes provisionnels et les délais de déclaration à respecter cette année.

À retenir en 30 secondes :

  • Taux normal 2026 : 20 % pour un bénéfice net inférieur à 100 millions de DH, 35 % au-delà, 40 % pour les banques et assurances.
  • Cotisation minimale : 0,25 % du chiffre d’affaires, avec un plancher de 3 000 DH (article 144 du CGI).
  • Acomptes provisionnels : 4 versements de 25 % chacun, fin mars, juin, septembre et décembre.
  • Déclaration du résultat fiscal : dans les 3 mois suivant la clôture de l’exercice, soit le 31 mars 2026 pour un exercice calé sur l’année civile.
  • Retard de paiement : majoration de 10 % sur l’acompte impayé, plus 0,5 % par mois de retard (article 208 du CGI).

Sommaire

Qu’est-ce que l’impôt sur les sociétés au Maroc ?

L’impôt sur les sociétés (IS) est un impôt direct marocain, prélevé chaque année sur le bénéfice fiscal net réalisé par les personnes morales soumises à ce régime, au taux fixé par le Code Général des Impôts (CGI). Il se distingue de l’impôt sur le revenu (IR), qui concerne les entrepreneurs individuels et les professions libérales exerçant sans forme sociétale.

L’IS est déclaré et payé spontanément par l’entreprise elle-même, sans émission préalable d’un avis d’imposition par la DGI : c’est à la société de calculer, déclarer et verser le montant dû, dans les délais fixés par la loi.

Qui est soumis à l’IS au Maroc ?

Sont obligatoirement soumises à l’IS au Maroc :

  • Les sociétés anonymes (SA) et sociétés par actions simplifiées (SAS), quelle que soit leur activité ;
  • Les sociétés à responsabilité limitée (SARL), y compris les SARL à associé unique ;
  • Les sociétés en commandite par actions et les sociétés civiles ayant opté pour l’IS ;
  • Les établissements publics et autres personnes morales exerçant une activité lucrative ;
  • Les succursales de sociétés étrangères établies au Maroc et réalisant des opérations lucratives.

Les sociétés en nom collectif et en commandite simple ne comportant que des personnes physiques restent, sauf option contraire, soumises à l’IR au nom de leurs associés. Les auto-entrepreneurs et les entrepreneurs individuels relèvent également de l’IR, pas de l’IS.

Taux de l’IS au Maroc en 2026

2026 marque la dernière étape de la réforme de convergence engagée par la Loi de Finances 2023 : la progressivité par tranches disparaît au profit d’un taux proportionnel unique appliqué à l’ensemble du bénéfice, selon la tranche dans laquelle il se situe.

Taux de l’impôt sur les sociétés applicables au Maroc pour l’exercice 2026
Situation de la société Taux IS 2026
Bénéfice fiscal net inférieur à 100 millions de DH 20 %
Bénéfice fiscal net égal ou supérieur à 100 millions de DH 35 %
Établissements de crédit, Bank Al-Maghrib, sociétés d’assurance et de réassurance 40 %

Un tempérament existe : si le seuil de 100 millions de DH n’est franchi qu’à cause d’un produit non courant exceptionnel (par exemple la cession d’une immobilisation), le taux de 35 % ne s’applique qu’au titre de cet exercice précis, sans affecter le taux normal des exercices suivants.

Comment calculer l’impôt sur les sociétés ?

Le calcul de l’IS suit une logique en trois étapes :

  1. Déterminer le résultat comptable : produits de l’exercice moins charges de l’exercice, selon les règles du Code Général de la Normalisation Comptable (CGNC).
  2. Passer du résultat comptable au résultat fiscal : réintégrer les charges non déductibles fiscalement (amendes, certains amortissements excédentaires) et déduire les produits non imposables.
  3. Appliquer le taux correspondant à la tranche de bénéfice fiscal net obtenue.

Exemple concret : une SARL marocaine dégage un résultat fiscal net de 2 000 000 DH pour l’exercice 2025, clos au 31 décembre. Son bénéfice étant inférieur à 100 millions de DH, le taux applicable est de 20 %. L’IS dû s’élève donc à 2 000 000 × 20 % = 400 000 DH, avant imputation des acomptes déjà versés en cours d’exercice.

La cotisation minimale : un plancher à connaître

La cotisation minimale (CM) est un montant plancher que toute société soumise à l’IS doit verser au titre d’un exercice, même en l’absence de bénéfice ou en cas de résultat déficitaire. Elle est régie par l’article 144 du CGI.

Concrètement :

  • Le taux normal de la CM est de 0,25 % du chiffre d’affaires hors taxes de l’exercice, avec un plancher de 3 000 DH ;
  • Un taux réduit de 0,15 % s’applique aux ventes portant sur certains produits de première nécessité (produits pétroliers, gaz, beurre, huile, sucre, farine, eau, électricité, médicaments) ;
  • Une société est exonérée de la CM pendant les 36 premiers mois suivant le début effectif de son exploitation, dans la limite des 60 premiers mois suivant sa date de constitution.

La règle centrale à retenir : la société paie le plus élevé entre l’IS calculé sur le résultat fiscal et la cotisation minimale. Reprenons l’exemple précédent : si cette même SARL réalise un chiffre d’affaires de 15 000 000 DH, sa CM théorique est de 15 000 000 × 0,25 % = 37 500 DH. Comme l’IS réel (400 000 DH) dépasse largement la CM, c’est l’IS réel qui reste dû — la CM ne s’impose comme montant à payer que lorsque le résultat fiscal est faible ou négatif.

Les acomptes provisionnels : calendrier et calcul

L’IS ne se paie pas en une seule fois en fin d’exercice : il donne lieu à quatre acomptes provisionnels, versés en cours d’année, avant la régularisation finale lors de la déclaration.

  1. Calculer la base de référence : le montant le plus élevé entre l’IS réellement dû au titre du dernier exercice clos (N-1) et la cotisation minimale de N-1.
  2. Diviser cette base par 4 : chaque acompte représente 25 % de ce montant de référence.
  3. Verser le 1er acompte avant la fin du 3e mois suivant l’ouverture de l’exercice (31 mars pour un exercice civil).
  4. Verser le 2e acompte avant la fin du 6e mois (30 juin).
  5. Verser le 3e acompte avant la fin du 9e mois (30 septembre).
  6. Verser le 4e acompte avant la fin du 12e mois (31 décembre).
  7. Régulariser au moment de la déclaration : si les acomptes versés dépassent l’IS réellement dû, l’excédent est imputé sur les acomptes de l’exercice suivant ou remboursé ; s’ils sont insuffisants, le solde doit être versé avec la déclaration.

Tous les versements se font en ligne via le portail SIMPL-IS de la Direction Générale des Impôts — la déclaration papier n’est plus acceptée depuis la généralisation de la télédéclaration.

Déclaration et paiement : délais et portail SIMPL-IS

La déclaration du résultat fiscal doit être déposée dans les trois mois qui suivent la date de clôture de l’exercice comptable. Pour une société dont l’exercice coïncide avec l’année civile (clôture au 31 décembre), la date limite est donc le 31 mars de l’année suivante — le 1er avril 2026 pour l’exercice 2025, ce jour tombant sur une date limite officielle confirmée par le portail national Maroc.ma.

Cette déclaration comprend le bilan, le compte de produits et charges (CPC), l’état des soldes de gestion et les tableaux annexes prévus par le CGNC. Elle se dépose exclusivement en ligne sur SIMPL-IS, accessible depuis le portail tax.gov.ma de la DGI.

Sanctions en cas de retard

Le CGI prévoit deux niveaux de sanctions distincts, qu’il convient de ne pas confondre :

  • Retard sur un acompte provisionnel : une majoration de 10 % du montant de l’acompte non versé dans le délai s’applique automatiquement, sans mise en demeure préalable.
  • Retard de paiement général : l’article 208 du CGI prévoit une majoration de 0,5 % par mois ou fraction de mois de retard, calculée entre le premier jour du mois suivant l’échéance et la date de paiement effective.

Un retard ou un défaut de dépôt de la déclaration elle-même expose à des majorations spécifiques, distinctes des deux précédentes, généralement comprises entre 5 % et 15 % selon la durée du retard et le comportement du contribuable, avec un minimum de 500 DH — il est donc dans tous les cas plus économique de déposer une déclaration à zéro dans les délais que de la déposer en retard, même en l’absence d’impôt dû.

Questions fréquentes

Quel est le taux de l’impôt sur les sociétés au Maroc en 2026 ?

Le taux normal est de 20 % pour un bénéfice fiscal net inférieur à 100 millions de DH, 35 % au-delà de ce seuil, et 40 % pour les banques, Bank Al-Maghrib et les sociétés d’assurance et de réassurance.

Qu’est-ce que la cotisation minimale et quand s’applique-t-elle ?

C’est un montant plancher de 0,25 % du chiffre d’affaires (plancher 3 000 DH), dû même sans bénéfice. Une société paie le plus élevé entre son IS calculé et sa cotisation minimale, sauf exonération pendant ses 36 premiers mois d’exploitation.

Quand doit-on déclarer et payer l’IS au Maroc ?

La déclaration du résultat fiscal se dépose dans les 3 mois suivant la clôture de l’exercice, soit le 31 mars pour un exercice calé sur l’année civile. Le paiement s’effectue en ligne via le portail SIMPL-IS de la DGI.

Que risque une société qui paie son acompte IS en retard ?

Une majoration automatique de 10 % s’applique sur l’acompte non versé dans le délai, à laquelle s’ajoute une majoration de 0,5 % par mois de retard supplémentaire prévue par l’article 208 du CGI, sans mise en demeure préalable.

Conclusion

L’impôt sur les sociétés au Maroc repose en 2026 sur un mécanisme désormais simplifié — un taux proportionnel de 20 % pour la grande majorité des sociétés — mais dont le calendrier reste exigeant : quatre acomptes trimestriels, une cotisation minimale à surveiller même en l’absence de bénéfice, et une déclaration à déposer dans les trois mois suivant la clôture de l’exercice. La meilleure protection contre les majorations automatiques du CGI reste l’anticipation : calculer sa base d’acomptes dès le début de l’exercice et préparer sa déclaration avant l’échéance du 31 mars plutôt qu’au dernier moment.

Si votre cabinet comptable ne vous accompagne pas déjà sur ce calendrier fiscal, notre guide pour choisir votre cabinet comptable au Maroc vous aide à identifier un partenaire capable de sécuriser vos échéances IS, TVA et CNSS tout au long de l’année. Pour les obligations fiscales connexes, consultez aussi nos guides sur la TVA au Maroc et les cotisations CNSS, deux échéances qui suivent souvent le même calendrier que l’IS pour les entreprises marocaines.

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